THE CLOWN AND THE MIME
10:25
Pour passer le temps.
Elle la regarda, figée. Son masque heureux était tombé, et désormais elles étaient vraiment face à face. On pu lire à ce moment dans son visage, le vrai, et y comprendre toute la différence, toute cette façade habilement construite, et cette vérité, longuement dissimulée. Secrète, cachée, volée, gardée pour elle, sa nature se révéla, brusquement, sale et absurde. On entendait ses yeux pleurer doucement, gémir, se plaindre, honteux, comme une explication finale qu'on veut garder pour soi. L'inconnue lui sourit, compatissante, devant l'étendue infernale d'une telle mascarade. Mais son vrai bonheur n'était pas d'avoir mis à jour cette horreur, d'avoir percé cet abcès monstrueux. C'était de savoir à présent, et avant les autres, qui était vraiment la jeune fille qui riait, justement quand elle ne riait plus. De pouvoir, sans un mot, toucher des pupilles cette créature chétive sans son costume, au maquillage éclaboussé. Il faisait la gueule, le secret tué. Et le cadavre, de même, semblait réticent à tout aveu, quand son apparence était le plus complet. Cette fois, on y croyait vraiment, au rôle, il avait été distribué avec le plus grand soin, et à la bonne personne.
Comme on voit dans l'ombre d'un clown, s'époumoner un mime. Et elle ne pouvait pas croire que personne n'ai sentis plus tôt cette odeur rance de rancune, ce parfum douçâtre d'amertume, cette effluve écœurante d'amour mal guéris, rangé, plié, écrasé, enfin, brûlé. Les cendres de sa déception parsemaient ses iris poussiéreux. Cette apparence mal lavée, négligée parce qu' abandonnée un jour puis oubliée par tous. Bien sûr, ils n'avaient vu que le costume, sans jamais passer par les coulisses du spectacle. Elle était dans la loge du rôle principal et ce n'était pas beau à voir. Sans cesser de sourire, elle ramassa le masque fissuré et lui replaça. Le clown se détendit. C'était à présent un rôle à vie, désolé pour ce qu'elle avait été, il y a longtemps. L'inconnue repris sa route, rien n'avait changé, le déchirement étant invisible.
Comme on voit dans l'ombre d'un clown, s'époumoner un mime. Et elle ne pouvait pas croire que personne n'ai sentis plus tôt cette odeur rance de rancune, ce parfum douçâtre d'amertume, cette effluve écœurante d'amour mal guéris, rangé, plié, écrasé, enfin, brûlé. Les cendres de sa déception parsemaient ses iris poussiéreux. Cette apparence mal lavée, négligée parce qu' abandonnée un jour puis oubliée par tous. Bien sûr, ils n'avaient vu que le costume, sans jamais passer par les coulisses du spectacle. Elle était dans la loge du rôle principal et ce n'était pas beau à voir. Sans cesser de sourire, elle ramassa le masque fissuré et lui replaça. Le clown se détendit. C'était à présent un rôle à vie, désolé pour ce qu'elle avait été, il y a longtemps. L'inconnue repris sa route, rien n'avait changé, le déchirement étant invisible.
On vit un clown démissionner, un jour, et passer sa vie muet, en noir et en blanc.
Inscription à :
Commentaires (Atom)
